MaPrimeRénov' 2026 : barèmes, plafonds et profils
TL;DR MaPrimeRénov’ 2026 se lit en deux temps : d’abord ta catégorie de revenus, ensuite ton parcours de travaux. Quatre profils existent, calculés sur ton revenu fiscal de référence 2025 et le nombre de personnes du foyer, avec des plafonds différents en Île-de-France et dans le reste du pays. Le parcours par geste finance un équipement précis, avec un forfait fixe réservé aux revenus très modestes, modestes et intermédiaires. La rénovation d’ampleur, elle, subventionne un pourcentage du chantier, de 80 % à 10 % selon ton profil, et redevient accessible aux revenus supérieurs. Deux gestes ont été retirés du barème au 1er janvier 2026, et les plateformes de dépôt changent d’organisation le 17 août. À jour au août 2026.
Tu as un devis de pompe à chaleur sur la table, un artisan qui te promet « une aide de l’État qui couvre presque tout », et aucune idée de ce que tu vas réellement toucher. C’est la situation la plus fréquente devant MaPrimeRénov’, et c’est aussi celle qui coûte le plus cher, parce qu’un montant surestimé au départ se transforme en trou de trésorerie à la fin du chantier.
Le dispositif n’est pourtant pas compliqué une fois qu’on a compris sa logique. Tout part de deux questions : dans quelle catégorie de revenus tu tombes, et quel type de chantier tu engages. Le croisement des deux donne un montant, plafonné, écrêté, et parfois nul si tu es dans le mauvais cas de figure.
Selon le guide des aides financières 2026 de l’Anah, MaPrimeRénov’ dispose cette année d’un budget de 3,6 milliards d’euros, censé financer au moins 120 000 rénovations d’ampleur et 150 000 rénovations par geste. Ce guide reprend les barèmes officiels en vigueur, catégorie par catégorie et poste par poste, avec les plafonds de dépenses, les règles d’écrêtement, les nouveautés de l’année et le calendrier des plateformes.
Qui peut toucher MaPrimeRénov’ en 2026 ?
MaPrimeRénov’ s’adresse aux propriétaires, occupants comme bailleurs, d’un logement de plus de quinze ans en France métropolitaine occupé à titre de résidence principale au moins huit mois par an. Les nus-propriétaires et les personnes morales en sont exclus, les usufruitiers et les propriétaires en indivision y ont droit sous conditions.
Trois parcours coexistent sous la même marque. La rénovation par geste finance un ou plusieurs équipements pris isolément, avec un forfait fixe. La rénovation d’ampleur finance un chantier global permettant de gagner au moins deux classes énergétiques, avec un pourcentage du montant hors taxes. La rénovation en copropriété concerne les parties communes et les travaux d’intérêt collectif. Ces trois portes ne se valent pas du tout en montant, et le choix entre elles n’est pas libre : il dépend de l’état énergétique de ton logement.
Un point souvent mal compris concerne les propriétaires bailleurs. Ils sont éligibles quels que soient leurs revenus, mais ils s’engagent à louer le bien en résidence principale pendant au moins six ans, dans l’année qui suit le versement du solde. S’ils arrêtent avant, ils remboursent un sixième de l’aide par année manquante. Ils s’engagent aussi à déduire le montant de l’aide du coût des travaux en cas de hausse de loyer.
Enfin, un particulier qui détient des parts d’une SCI propriétaire du logement qu’il occupe est assimilé à un propriétaire occupant et reste éligible au parcours par geste, à condition de fournir un commodat. Les sociétés en tant que telles, elles, ne peuvent pas déposer de dossier.
Les plafonds de revenus MaPrimeRénov’ 2026
Ta catégorie dépend de la somme des revenus fiscaux de référence du foyer et du nombre de personnes qui le composent, avec deux barèmes distincts selon que tu habites en Île-de-France ou ailleurs. Pour une demande déposée en 2026, ce sont les revenus de l’année 2025 qui comptent.
Si plusieurs personnes du ménage ont des avis d’imposition séparés, tu additionnes leurs revenus fiscaux de référence. C’est ce total, et pas le revenu du seul demandeur, qui détermine la couleur de ton dossier.
Hors Île-de-France et en Outre-mer
Voici les plafonds applicables au 1er janvier 2026, tels que publiés par l’Anah.
| Personnes dans le ménage | Très modestes | Modestes | Intermédiaires | Supérieurs |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 17 363 € | 22 259 € | 31 185 € | au-delà de 31 185 € |
| 2 | 25 393 € | 32 553 € | 45 842 € | au-delà de 45 842 € |
| 3 | 30 540 € | 39 148 € | 55 196 € | au-delà de 55 196 € |
| 4 | 35 676 € | 45 735 € | 64 550 € | au-delà de 64 550 € |
| 5 | 40 835 € | 52 348 € | 73 907 € | au-delà de 73 907 € |
| Par personne en plus | + 5 151 € | + 6 598 € | + 9 357 € | + 9 357 € |
Source : Anah, guide des aides financières 2026, barème au 1er janvier 2026.
En Île-de-France
Les plafonds franciliens sont nettement plus élevés, pour tenir compte du niveau de revenus de la région.
| Personnes dans le ménage | Très modestes | Modestes | Intermédiaires | Supérieurs |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 24 031 € | 29 253 € | 40 851 € | au-delà de 40 851 € |
| 2 | 35 270 € | 42 933 € | 60 051 € | au-delà de 60 051 € |
| 3 | 42 357 € | 51 564 € | 71 846 € | au-delà de 71 846 € |
| 4 | 49 455 € | 60 208 € | 84 562 € | au-delà de 84 562 € |
| 5 | 56 580 € | 68 877 € | 96 817 € | au-delà de 96 817 € |
| Par personne en plus | + 7 116 € | + 8 663 € | + 12 257 € | + 12 257 € |
Source : Anah, guide des aides financières 2026, barème au 1er janvier 2026.
Ces seuils recoupent ceux publiés par la fiche officielle MaPrimeRénov’ de Service-Public, qui retient les mêmes montants pour une personne seule hors Île-de-France : 17 363 €, 22 259 € et 31 185 €. Si tu veux une vérification en deux clics sans lire les tableaux, le simulateur Mes Aides Réno du service public France Rénov’ te classe directement.
Le revenu fiscal de référence est la même donnée que celle utilisée pour beaucoup d’autres dispositifs sociaux et fiscaux. Si tu ne sais pas où le lire, notre guide sur le calcul de l’impôt sur le revenu et le quotient familial explique où il apparaît sur ton avis, et notre article sur les plafonds CAF 2026 montre à quel point ce chiffre pilote l’ensemble des aides.
MaPrimeRénov’ par geste : les montants 2026
Le parcours par geste verse un forfait fixe par équipement installé, réservé aux ménages aux revenus très modestes, modestes et intermédiaires. Les revenus supérieurs n’y ont pas droit du tout, quel que soit le geste.
Le principe est simple : tu installes un équipement figurant sur la liste, réalisé par un professionnel RGE, et tu touches le forfait correspondant à ta catégorie. Le geste de ventilation fait exception, puisqu’il n’est finançable qu’en accompagnement de travaux d’isolation.
Chauffage et eau chaude sanitaire
| Équipement | Très modestes | Modestes | Intermédiaires |
|---|---|---|---|
| Pompe à chaleur géothermique ou solarothermique | 11 000 € | 9 000 € | 6 000 € |
| Chauffage solaire combiné | 10 000 € | 8 000 € | 4 000 € |
| Pompe à chaleur air/eau | 5 000 € | 4 000 € | 3 000 € |
| Chauffe-eau solaire individuel | 4 000 € | 3 000 € | 2 000 € |
| Partie thermique d’un équipement PVT eau | 2 500 € | 2 000 € | 1 000 € |
| Poêle ou cuisinière à granulés | 1 250 € | 1 000 € | 750 € |
| Poêle ou cuisinière à bûches | 1 250 € | 1 000 € | 500 € |
| Foyer fermé, insert à bûches ou granulés | 1 250 € | 750 € | 500 € |
| Chauffe-eau thermodynamique | 1 200 € | 800 € | 400 € |
| Raccordement à un réseau de chaleur ou de froid | 1 200 € | 800 € | 400 € |
Isolation et autres travaux
| Travaux | Très modestes | Modestes | Intermédiaires |
|---|---|---|---|
| Isolation des rampants de toiture ou plafonds de combles | 25 €/m² | 20 €/m² | 15 €/m² |
| Isolation des toitures-terrasses | 75 €/m² | 60 €/m² | 40 €/m² |
| Isolation des parois vitrées en remplacement de simple vitrage | 100 €/équipement | 80 €/équipement | 40 €/équipement |
| VMC double flux, conditionnée à un geste d’isolation | 2 500 € | 2 000 € | 1 500 € |
| Dépose de cuve à fioul | 1 200 € | 800 € | 400 € |
| Audit énergétique hors obligation réglementaire | 500 € | 400 € | 300 € |
Source : Anah, barèmes relatifs au montant de la prime au 1er janvier 2026.
Une nuance de calendrier vaut de l’argent ici. Les ménages aux ressources très modestes peuvent demander une avance allant jusqu’à 50 % du montant de la prime, ce qui évite d’avancer l’intégralité du chantier sur sa trésorerie. Si ton fonds d’urgence est mince, ce point compte autant que le montant lui-même, et notre guide sur l’épargne de précaution donne les repères pour savoir si tu peux encaisser le décalage.
Les plafonds de dépenses à connaître avant de signer
Le forfait n’est pas la seule limite : chaque geste est aussi plafonné en dépense éligible, et aucun cumul d’aides ne peut dépasser ce plafond. Une pompe à chaleur air/eau est retenue dans la limite de 12 000 €, une pompe à chaleur géothermique dans la limite de 18 000 €, un chauffe-eau thermodynamique 3 500 €, un chauffe-eau solaire individuel 7 000 €, un chauffage solaire combiné 16 000 €. Côté isolation, les rampants de toiture sont plafonnés à 75 € du mètre carré, les toitures-terrasses à 180 € du mètre carré, et les parois vitrées à 1 000 € par équipement. La VMC double flux plafonne à 6 000 €, la dépose de cuve à fioul à 4 000 €, l’audit énergétique à 800 €.
Un devis qui dépasse largement ces montants n’est pas illégal, mais tout ce qui excède le plafond reste intégralement à ta charge. C’est le premier réflexe à avoir face à un artisan qui gonfle une ligne « pose » ou « travaux induits ».
S’ajoute ensuite l’écrêtement, qui limite le total des aides publiques et privées. En cumulant MaPrimeRénov’ et des certificats d’économies d’énergie, tu ne peux pas dépasser 90 % de la dépense éligible si tu es en catégorie très modeste, 75 % en modeste et 60 % en intermédiaire. En ajoutant des aides locales et d’autres dispositifs, le plafond monte à 100 % pour tout le monde, mais jamais au-delà : personne ne gagne d’argent sur un chantier subventionné.
MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur : taux et plafonds 2026
La rénovation d’ampleur finance un pourcentage du montant hors taxes des travaux, de 80 % pour les revenus très modestes à 10 % pour les revenus supérieurs, dans la limite de 30 000 € ou 40 000 € de dépenses éligibles selon le gain énergétique visé.
Ce parcours est réservé aux logements classés E, F ou G sur le diagnostic de performance énergétique avant travaux, c’est-à-dire aux passoires thermiques et aux logements qui en approchent. Un logement classé D ou mieux relève du parcours par geste, point.
| Gain énergétique | Plafond de dépenses HT | Très modestes | Modestes | Intermédiaires | Supérieurs |
|---|---|---|---|---|---|
| Gain de 2 classes | 30 000 € | 80 % | 60 % | 45 % | 10 % |
| Gain de 3 classes ou plus | 40 000 € | 80 % | 60 % | 45 % | 10 % |
| Écrêtement, en % du montant TTC | 100 % | 90 % | 80 % | 50 % |
Source : Anah, guide des aides financières 2026.
Traduit en euros, un ménage aux revenus très modestes qui engage 40 000 € de travaux hors taxes avec un gain de trois classes peut prétendre à 32 000 € de subvention. Le même chantier chez un ménage aux revenus supérieurs donne 4 000 €. L’écart est brutal, mais il correspond au choix politique du dispositif : concentrer l’argent public sur les foyers qui n’auraient jamais engagé les travaux autrement.
Les conditions techniques à respecter
Le projet doit permettre un gain d’au moins deux classes énergétiques sur l’audit, par exemple passer de F à D, et inclure au moins deux gestes d’isolation thermique parmi la toiture, les menuiseries, les sols ou les murs. Il ne doit pas prévoir l’installation d’un chauffage fonctionnant majoritairement aux énergies fossiles, et il est interdit de conserver un chauffage majoritairement au fioul.
Le recours à Mon Accompagnateur Rénov’ est obligatoire sur ce parcours. Les travaux réalisés doivent correspondre intégralement au scénario retenu dans l’audit énergétique, ce qui laisse peu de place à l’improvisation en cours de chantier.
Une souplesse existe malgré tout : la rénovation en deux étapes. Dans un délai de cinq ans, tu peux compléter un premier dossier par des travaux supplémentaires si ton logement était initialement classé E, F ou G. La classe C doit être atteinte au minimum après la seconde étape pour un logement parti de F ou G, la classe B pour un logement parti de E. Le plafond de travaux subventionnables est alors majoré en deuxième étape.
Mon Accompagnateur Rénov’ : ce que ça coûte
La prestation d’accompagnement est plafonnée à 2 000 € toutes taxes comprises, avec une prise en charge de 100 % pour les revenus très modestes, 80 % pour les modestes, 40 % pour les intermédiaires et 20 % pour les revenus supérieurs. Le plafond peut monter jusqu’à 4 000 € si une prestation renforcée est nécessaire, notamment en situation de lutte contre l’habitat indigne.
L’accompagnateur réalise la première visite, l’audit énergétique, l’évaluation du logement, l’aide au montage du dossier, le suivi du chantier et une seconde visite après travaux. Il n’a pas le droit de réaliser les travaux lui-même et doit rester strictement neutre sur le choix des entreprises. C’est un garde-fou utile face aux offres commerciales agressives, du même type que celles décrites dans notre article sur les frais bancaires cachés : quand un intermédiaire est payé au résultat, il oriente.
Ce qui change en 2026 : les nouveaux profils et les gestes retirés
Le principal changement de l’année est le retour des ménages aux revenus supérieurs sur la rénovation d’ampleur, désormais accessible à tous les profils quels que soient leurs revenus, avec un taux de 10 %. En sens inverse, deux gestes ont quitté le barème par geste au 1er janvier 2026.
L’isolation des murs et les chaudières biomasse ne sont plus financées dans le cadre de la rénovation par geste. Concrètement, un projet d’isolation des murs par l’extérieur ne peut plus être subventionné seul : il faut le loger dans une rénovation d’ampleur, où il compte comme l’un des deux gestes d’isolation exigés. C’est un changement de stratégie assumé, qui pousse vers les chantiers globaux.
Deuxième évolution, plus technique mais lourde de conséquences : la méthode de calcul du diagnostic de performance énergétique a changé, le coefficient de conversion de l’électricité passant de 2,3 à 1,9. Cette nouvelle méthode s’applique rétroactivement aux diagnostics et audits réalisés avant le 1er janvier 2026, et les propriétaires concernés peuvent télécharger une attestation justifiant de leur nouvelle classe énergétique sur le site de l’Observatoire de l’Ademe. Certains logements changent d’étiquette sans qu’un seul mètre carré d’isolant ait été posé, ce qui peut ouvrir ou fermer l’accès à la rénovation d’ampleur.
Troisième nouveauté, un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov’ est désormais obligatoire avant tout dépôt de demande pour une rénovation d’ampleur. L’objectif affiché est de sécuriser les parcours et de limiter les dossiers montés à la va-vite par des démarcheurs.
Le calendrier 2026 des plateformes de dépôt
Le guichet des aides de l’Anah a rouvert le 23 février 2026 à midi, après la promulgation de la loi de finances, et les plateformes sont en maintenance technique du 3 au 17 août 2026. Pendant cette fenêtre, aucune création de compte, aucun dépôt de demande d’aide et aucune demande de paiement ne sont possibles.
Selon le communiqué de l’Anah sur la réouverture du guichet des aides, l’agence dispose en 2026 d’une enveloppe d’intervention de 4,3 milliards d’euros, au même niveau qu’en 2025, et vise environ 350 000 logements rénovés sur l’année. À titre de comparaison, 379 428 logements ont été rénovés en 2025 avec 4,39 milliards d’euros d’aides distribuées, dont 120 305 rénovations d’ampleur.
L’autre information à retenir concerne l’après-maintenance. D’après le communiqué de l’Anah sur le compte personnel unique France Rénov’, à compter du 17 août 2026 les ménages créent leur compte directement sur france-renov.gouv.fr, un seul espace donnant accès à MaPrimeRénov’, MaPrimeAdapt’ et Ma Prime Logement Décent. L’authentification passe par FranceConnect+, et les comptes existants sont repris automatiquement après vérification d’identité, par FranceConnect+ ou par un code envoyé à l’adresse fiscale.
Cette vérification d’identité renforcée n’est pas un caprice administratif. Le secteur de la rénovation énergétique concentre depuis des années un volume important de démarchage abusif et de faux dossiers, et les réflexes de vigilance sont les mêmes que ceux détaillés dans notre article sur les signaux d’arnaque à repérer : personne d’officiel ne t’appelle pour te proposer des travaux gratuits.
Comment monter un dossier sans se planter
L’ordre des opérations est non négociable : tu déposes ta demande avant de commencer les travaux, et il est vivement recommandé d’attendre la décision d’octroi avant de lancer le chantier, la subvention n’étant jamais de droit.
La marche à suivre tient en six étapes. D’abord, tu identifies ta catégorie de revenus avec ton avis d’imposition 2026 sur les revenus 2025. Ensuite, tu détermines ton parcours en regardant l’étiquette énergétique de ton logement : E, F ou G ouvrent la rénovation d’ampleur, D et mieux renvoient au parcours par geste. Puis tu fais établir un devis par un professionnel RGE, qui doit obligatoirement réaliser une visite préalable du chantier dont la date figure sur le devis et sur la facture. Tu crées ensuite ton compte personnellement, un mandataire ne pouvant pas le faire à ta place, et tu vérifies ton identité. Tu déposes le dossier avec les pièces demandées. Enfin, à la fin des travaux, tu déposes les factures en ligne et tu demandes le versement.
Une dérogation existe pour les urgences. En cas de panne de chauffage entre le 1er octobre et le 30 avril, ou de panne de chauffe-eau à n’importe quelle période de l’année, tu peux commencer les travaux avant de déposer le dossier, avec un délai de deux mois après l’installation du nouvel équipement en période hivernale et une attestation sur l’honneur à joindre.
Autre exception utile : un logement de moins de quinze ans redevient éligible pour l’installation d’un nouveau système de chauffage ou d’eau chaude en remplacement d’une chaudière au fioul, à condition de demander simultanément la prime de dépose de cuve.
Ce que ça pèse vraiment sur ton budget
MaPrimeRénov’ ne finance jamais la totalité d’un chantier, sauf cas extrême de cumul pour les ménages très modestes, donc la vraie question est celle du reste à charge et de la façon dont tu le finances.
Trois leviers se cumulent avec la prime. Les certificats d’économies d’énergie versés par les fournisseurs d’énergie, dans la limite de l’écrêtement. Les aides des collectivités locales, région, département ou intercommunalité, très variables d’un territoire à l’autre. Et l’éco-prêt à taux zéro MaPrimeRénov’, qui finance le reste à charge dans la limite de 50 000 € sur une durée pouvant aller jusqu’à vingt ans, sans conditions de ressources. Pour les bénéficiaires de la prime, la notification d’octroi de l’Anah remplace la remise des devis à la banque, ce qui simplifie sérieusement le dossier. La banque garde évidemment la main sur la décision finale, selon ta capacité de remboursement.
Sur ce dernier point, la logique est exactement la même que pour un crédit classique : c’est ton taux d’endettement et ton reste à vivre qui décident. Avant de signer, un passage par notre calculateur de taux d’endettement et par notre calculateur de reste à vivre évite de découvrir trop tard que la mensualité d’éco-prêt ne passe pas. Et si tu veux mesurer l’effet du chantier sur tes dépenses courantes, notre calculateur de budget mensuel permet de simuler la baisse de facture attendue face à la nouvelle mensualité.
Le calcul de rentabilité mérite d’être fait froidement. Une pompe à chaleur air/eau à 14 000 € avec 5 000 € de prime laisse 9 000 € à financer. Si elle fait économiser 800 € de chauffage par an, le retour sur investissement se situe autour de onze ans, avant même de compter les intérêts éventuels. Ce n’est pas une mauvaise opération, surtout avec la valorisation du bien à la revente, mais ce n’est pas non plus l’affaire miraculeuse vendue par certains commerciaux. En attendant, les aides au paiement des factures restent complémentaires, comme le montre notre guide sur le chèque énergie 2026.
Questions fréquentes
Quels revenus sont pris en compte pour MaPrimeRénov’ en 2026 ?
Le revenu fiscal de référence de l’année N-1, soit celui de 2025 pour une demande déposée en 2026. Si plusieurs personnes du ménage disposent d’avis d’imposition distincts, leurs revenus fiscaux de référence s’additionnent. Le seuil applicable dépend ensuite du nombre de personnes composant le foyer et de la localisation du logement, l’Île-de-France disposant de plafonds plus élevés que le reste du pays.
Les revenus supérieurs ont-ils droit à MaPrimeRénov’ ?
Oui, mais uniquement sur la rénovation d’ampleur, avec un taux de subvention de 10 % du montant hors taxes des travaux et un écrêtement à 50 % du montant toutes taxes comprises. Le parcours par geste leur reste totalement fermé, quel que soit l’équipement installé. C’est le principal changement de profil de l’année : le dispositif redevient accessible à tous les ménages, mais seulement pour les chantiers globaux sur les logements classés E, F ou G.
Peut-on encore financer l’isolation des murs avec MaPrimeRénov’ ?
Plus dans le cadre de la rénovation par geste. Depuis le 1er janvier 2026, l’isolation des murs et les chaudières biomasse ont été retirées de la liste des travaux éligibles au forfait. L’isolation des murs reste finançable à l’intérieur d’une rénovation d’ampleur, où elle peut compter comme l’un des deux gestes d’isolation thermique obligatoires. Les certificats d’économies d’énergie et les aides locales, eux, continuent de la couvrir en partie.
Que faire pendant la fermeture des plateformes du 3 au 17 août 2026 ?
Préparer le dossier sans le déposer. Tu peux faire chiffrer les devis par des professionnels RGE, vérifier que la visite préalable est bien mentionnée, rassembler ton avis d’imposition et, pour une rénovation d’ampleur, prendre rendez-vous avec un conseiller France Rénov’. Aucune création de compte ni aucun dépôt n’est possible pendant la maintenance, et le nouvel espace unique ouvre le 17 août sur france-renov.gouv.fr avec une authentification FranceConnect+.
Faut-il obligatoirement passer par Mon Accompagnateur Rénov’ ?
Uniquement pour la rénovation d’ampleur, où l’accompagnement est obligatoire de bout en bout, du premier audit à la visite post-travaux. Le parcours par geste s’en passe. La prestation est plafonnée à 2 000 € toutes taxes comprises, prise en charge à 100 % pour les revenus très modestes, 80 % pour les modestes, 40 % pour les intermédiaires et 20 % pour les revenus supérieurs. L’accompagnateur ne peut pas réaliser les travaux et doit rester neutre dans ses recommandations.
Peut-on toucher une avance avant le début des travaux ?
Oui, selon le parcours et la catégorie de revenus. Sur le parcours par geste, les ménages aux ressources très modestes peuvent demander une avance allant jusqu’à 50 % du montant de la prime. Sur la rénovation d’ampleur, les propriétaires occupants aux revenus modestes et très modestes peuvent obtenir une avance plafonnée à 30 % de l’aide, à demander avant le début des travaux et dans les six mois suivant l’acceptation du dossier, avec un devis signé exigeant un acompte. Un mandataire financier n’a pas le droit de percevoir cette avance.
MaPrimeRénov’ 2026 récompense ceux qui prennent le temps de vérifier trois chiffres avant de signer quoi que ce soit : leur catégorie de revenus, le plafond de dépense éligible du geste visé et le taux d’écrêtement applicable. Ces trois données suffisent à transformer une promesse commerciale floue en montant net, et à savoir combien il restera réellement à sortir de ta poche. Le reste, calendrier des plateformes compris, se gère à l’agenda.